Prix 2016 du polar des lecteurs de la Librairie Les Arcades  " Trop de morts au pays des merveilles" de Morgan Audic édité au Rouergue
Quel plaisir cette rentrée littéraire ! 
Une fois n’est pas coutume 
Cette année on ne sait pas où donner de l’œil, de la lunette, du marque-pages…Vivement la journée de 27 ou 28 heures ! 
La librairie a adoré (liste bien sûr non exhaustive et non définitive) 
- Il était une ville (Thomas B. Reverdy chez Flammarion) 
- La saison des bijoux (Eric Holder au Seuil) 
- Petit piment (Alain Mabanckou au Seuil) 
- L’envers du feu (Anne Dufourmantelle chez Albin Michel) 
- La septième fonction du langage (Laurent Binet chez Grasset) 
- La logique de l’amanite (Catherine Dousteyssier – Khoze chez Grasset) 
- Discours d'un arbre sur la fragilité des hommes (Olivier Bleys chez Albin Michel)
 
Il était une ville (Thomas B. Reverdy chez Flammarion) 
Détroit, 2008 
Une vision de la ville et de son déclin (que l’on nomme ici la catastrophe) à travers 3 vies parallèles 
Eugène, jeune ingénieur Français doit superviser l’installation d’une nouvelle chaine de production pour « L’ Entreprise » 
Charlie, 12 ans qui vit sa vie sans avenir 
Brown, vieux policier blasé mais tenace qui doit patrouiller dans sa propre voiture. 
Et puis Candice, Gloria, Gros Bill, Patrick, personnages secondaires mais magnifiquement dépeints 
La saison des bijoux (Eric Holder au Seuil) 
En se servant d'une intrigue bien ficelée Eric Holder brosse toute une série de portraits. Ils sont (presque!) tous très attachants. Ce livre se lit d'une traite, on veut savoir ce qui va leur arriver. 
Tout est juste, la description d'une saison, les relations entre les saisonniers (au passage Eric Holder nous montre une profession rarement décrite dans un roman), le reveil de la station à l'approche de l'été. 
C'est simple, c'est juste, on regrette quand c'est fini 
Petit piment (Alain Mabanckou au Seuil) 
Pendant la révolution socialiste Petit Piment (surnom donné à la suite d’une de ses facéties) un jeune orphelin de Pointe-Noire au Congo effectue sa scolarité dans une institution catholique placée sous l’autorité abusive et corrompue de Dieudonné Ngoulmoumako. 
Il s’échappe et une nouvelle vie s’offre à lui. 
Drôle en dépit du sujet et émouvant 
L’envers du feu (Anne Dufourmantelle chez Albin Michel
A la suite d'un malaise à Paris le narrateur, jeune New-yorkais d'origine Russe suit une psychanalyse intensive et courte de 2 semaines à raison de 2 séances par jour. Il pense que l'origine de son problème est dans sa rencontre avec une inconnue lors d'une soirée. Sans qu'ils se parlent un lien s’était créé entre eux et quand elle est retrouvée défenestrée dans la nuit en lui laissant un mot "Voutchenko" et une confidence à un fillette, il décide d'abandonner ses études d'architecte pour se lancer sur les traces du frère de cette jeune femme et de Voutchenko , ville du Caucase ayant subi un incendie quelques décennies plus tôt. Un roman magistral, un dialogue entre le narrateur et lui-même, et entre le narrateur et sa psychanalyste, elle-même tout en zone d'ombres ! 
La septième fonction du langage (Laurent Binet chez Grasset) 
L’accident de voiture de Roland Barthes serait-il un crime maquillé ? Dans le milieu de la sémiologie le bruit court qu’il détenait les secrets de la 7ème fonction du langage qui permet de convaincre n’importe quel interlocuteur. Nous sommes à la veille des élections présidentielles de 1981. Voyage chez les intellectuels de l’époque qui ne sont pas forcément dépeints sous leur meilleur jour. Passionnant et très drôle 
La logique de l’amanite (Catherine Dousteyssier – Khoze chez Grasset) 
C’est un roman tout à fait surprenant. Les mémoires d’un vieux châtelain corrézien célibataire et féru de mycologie. Dans un cahier « Clairefontaine » Nikonor (c’est lui) revient sur sa vie et notamment sur ses relations avec sa sœur jumelle Anastasie, sa mère et tous les gens qui l’ont approché. 
Mégalomane, fou à lier, on ne sait pas ce qui caractérise le mieux le personnage. 
C’est drôle, grinçant, lucide, d’une érudition littéraire et scientifique désuète. 
Une très bonne surprise pour ce premier roman
Discours d'un arbre sur la fragilité des hommes (Olivier Bleys chez Albin Michel)
De nos jours en Chine une famille essaye de respecter le serment fait aux ancêtres d'acheter la masure familiale avec son petit lopin de terre où est planté un vieil arbre famélique (un arbre à laque) sous lequel sont enterrés les parents du chef de famille. Malheureusement le quartier doit bientôt disparaître pour faire place à une usine.
Très poétique